Rapport de l’Atélier sur la Promotion de la Bonne Gouvernance au Sud Kivu

Posted on February 5, 2009

CONDENSE DE L’ATELIER  DE FORMATION ORGANISE EN FAVEUR DES AUTORITES PROVINCIALES DU SUD-KIVU SUR LA PROMOTION DE LA BONNE GOUVERNANCE.

 Dans le cadre de promotion de la bonne gouvernance au Sud-Kivu, le Centre d’Etudes Politiques et Stratégiques et la Section des Affaires  Politiques de la MONUC-Bukavu, ont en date du 29 au 30 janvier 2009, organisé un atelier de Formation des autorités politiques de la Province du Sud-Kivu.Tenu dans la salle de Conférence Alpha, Quartier Général de la MONUC-Bukavu, l’atelier s’est proposé d’atteindre les objectifs suivants : -         Evaluer l’avancement de la bonne gouvernance au Sud-Kivu,-         Formuler des recommandations pour améliorer la pratique de la bonne gouvernance au Sud-Kivu,-         Proposer des mécanismes pour :

 Réunis pour la circonstance plus de 30 députés provinciaux et 15 membres du gouvernement provincial issus de différents partis politiques, ont discuté par le biais des exposés, des débats et des échanges, de la question de la bonne gouvernance au Sud-Kivu.Ouverts par différentes allocutions, les travaux de l’atelier ont été honorés par la présence de personnalités suivantes : -Le Chef de Bureau de la MONUC-BUKAVU : Après avoir insisté sur le rôle et l’assistance de la MONUC en matière de promotion de la bonne gouvernance, la gestion des affaires publiques, la décentralisation…, le Chef de Bureau de la MONUC-BUKAVU, a fait constaté à l’auditoire, qu’après la démocratisation de la République Démocratique du Congo, les acquis restent fragiles au niveau de la Province du Sud-Kivu. C’est dans ce cadre que le Centre d’Etudes Politiques et Stratégiques en collaboration avec la MONUC-BUKAVU, ont initié le projet de cet atelier, atelier à l’issu duquel a-t-il espéré que les relations entre les différents membres du Gouvernement Provincial et l’Assemblée Provinciale  du Sud-Kivu s’amélioreront. Il a estimé que si chacun des acteurs sortait de là édifié, cela permettrait de résoudre certains problèmes liés à la bonne gouvernance au Sud-Kivu. -         Son Excellence Louis Léonce MUDERHWA CIRIMWAMI, Gouverneur de la Province du Sud-Kivu : Dans son allocution d’ouverture, le Gouverneur de Province, n’a pas manqué d’exprimer  ses sentiments de reconnaissance envers les organisateurs de l’atelier pour avoir ciblé l’élite de la Province, car selon lui, «capaciter l’élite provinciale du Sud-Kivu, suppose une amélioration du vécu quotidien de la Province. Une bonne gouvernance implique le respect de l’Etat, une action réactive, effective, efficace, l’absence de la corruption, la prise en compte des problèmes des personnes les   plus vulnérables dans la société. Bref, la bonne gouvernance est un état d’esprit devant habiter chacune des élites politiques du Sud-Kivu. » C’est sur ce point que le Gouverneur de Province a déclaré ouverts les travaux de l’atelier de formation des autorités provinciales sur la promotion de la bonne gouvernance au Sud-Kivu. -         Monsieur Fabien MWEZE BUCOPI, Secrétaire Général du Centre d’Etudes Politiques et Stratégiques. Après avoir accueilli les participants, il a insisté sur les réalisations du Centre d’Etudes Politiques et Stratégiques. Il rappelé les différents séminaires organisés par le Centre d’Etudes Politiques et Stratégiques surtout dans le cadre de la recherche de la paix au Sud-Kivu en termes de son implication dans la résolution des conflits. Annonçant le programme de l’atelier, il en a profité pour souhaiter un atelier stimulant et enrichissant aux participants. Le Secrétaire Général du Centre d’Etudes Politiques et Stratégiques a exprimé la joie de voir les membres du Gouvernement Provincial et l’Assemblée Provinciale du Sud-Kivu se mobiliser pour partager leur expérience en vue de chercher une solution aux différents problèmes qui opposeraient les deux institutions capitales de la Province du Sud-Kivu. Considérant les députés et les ministres provinciaux comme les premiers acteurs dans l’action de faire triompher la bonne gouvernance en Province, il a, au nom du comité organisateur émis le vœu  de voir l’atelier être à l’origine non seulement des rencontres fraternelles mais aussi de partenariats prometteurs et de projets porteurs de  réalités nouvelles en matière de bonne gouvernance au Sud-Kivu.               DU DEROULEMENT DE L’ATELIER  Après les différents mots d’ouverture du jeudi, 29 septembre 2009, les travaux de l’atelier  se sont poursuivis. Il était question d’assister aux exposés suivants :  PRESENTATION SUR LE RENFORCEMENT DES INSTITUTIONS LEGISLATIVES ET EXECUTIVES PROVINCIALES. STABILISATION DU MECANISME INSTITUTIONNEL PROVINCIAL ET LE CONTROLE PARLEMENTAIRE EFFECTIF.                                                         Par le Bâtonnier LWANGO Introduit par la question suivante : Qu’est-ce qui arrive à un peuple lorsque l’on ignore son histoire ? L’exposé du Bâtonnier LWANGO a, après l’aperçu historique de la RDC, insisté sur les efforts de la Communauté Internationale dans le rétablissement de la paix en RDC en 1960. Il en a profité pour rappeler que, et cela en tant qu’ancien parlementaire, l’assemblée provinciale n’a jamais connu  et ne doit pas connaître une quelconque division. Il serait alors souhaitable de travailler ensemble pour éviter que l’intérêt des individus ne prenne le dessus sur ceux de l’Etat comme c’est le cas de certaines assemblées provinciales aujourd’hui .Il a, en bref, insisté sur le fait que le pire arrive à un peuple ou à un dirigeant lorsque l’on perd le goût de l’intérêt commun. C’est alors que l’on arrive à des mouvements uniques sans but unique. D’où la division, la dislocation, l’exclusion… les unes des caractéristiques de la mauvaise gouvernance.Cet exposé a suscité tant de débats, d’échanges et de questions présentés de la manière suivante :Q1. : Lorsqu’un député provincial fait son travail de contrôle, est-il en dehors de sa mission ou il exécute sa mission pour le développement du Sud-Kivu ?Q2. : Quelle lecture faites-vous par rapport à la crise qui a opposé l’Assemblée Provinciale du Sud-Kivu au Gouvernement de CIBALONZA ?Q3. : Vous avez dépeint l’histoire un peu sombre du Kivu si pas de la République Démocratique du Congo. Vous avez oublié un certain loyalisme qui devait nous caractériser.Q4. : Pourquoi peut-on oublier que le Kivu est une voie de passage pour les rebellions au lieu de penser toujours que toutes les guerres commencent au Kivu ? Essayant de répondre à toutes ces préoccupations, l’orateur a estimé que le contrôle est nécessaire et utile, mais il faut qu’il soit très bien fait. Un contrôle parlementaire doit aboutir à de bons résultats, son processus doit être bien organisé sans perdre de vue la légalité des moyens à utiliser pour atteindre le but commun. Le contrôle parlementaire est recommandé par les textes, mais il faut éviter de l’amorcer quand on sait qu’il ne va rien produire comme finalité. Par rapport à la deuxième préoccupation, l’intervenant a pensé que cette crise suffit pour montrer qu’il y a eu des erreurs de part et d’autre. C’est une illustration d’un jugement qui mange les fruits et donne les épluchures à l’autre partie.Convaincu que son exposé a dépeint l’histoire sombre du Kivu, l’orateur a supposé qu’il y a un aspect positif à retenir dans son exposé, car il renferme quand même une sorte de lutte en faveur de notre pays. Quant à la question liée au loyalisme, l’orateur a affirmé que le loyalisme est évident, car selon lui le  Sud-Kivu présente des signes particuliers. Il ne faut alors pas oublier qu’un peuple sans histoire est un peuple sans avenir. Par rapport à la présentation du Bâtonnier LWANGO, quelques avis ont été émis. Il s’agit d’un Député Provincial qui a pensé que pour résoudre le problème de la bonne gouvernance, il faut que les gens aient les mêmes buts en oeuvrant par des moyens conséquents. Chacun devait savoir que la paix, la sécurité, le développement socio-économique de la province et la cohésion sociale… devaient être l’apanage de tous. Mais pour un bel aboutissement, il faut que le pouvoir exécutif élabore un budget qui sera corrigé et adopté par les élus du peuple. Malheureusement, très souvent les deux (le pouvoir exécutif et le pouvoir législatif) oublient d’où ils viennent. C’est le début des discordes et des disputes, car d’une part, les uns ont donné des promesses au peuple, et d’autre part, les autres, par peur d’être évincés, ils oublient le développement de la province. Bref, de tout côté, chacun cherche à se servir au lieu de servir les intérêts communs de la population. Prenant la parole dans le même sens, le délégué de la MONUC a réorienté le débat en rappelant qu’il faut focaliser l’argumentation sur l’avenir de la province et cela par rapport aux objectifs de l’atelier. Il faut donc voir comment améliorer les relations entre les deux institutions pour un très bon fonctionnement, car les problèmes entre les deux institutions ont bloqué le décollage de la province. DEUXIEME EXPOSE : PRESENTATION SUR LA PARTICIPATION DES COMMUNAUTES DANS LA GOUVERNANCE ET LA PRISE DE DECISIONS PAR LES AUTORITES PROVINCIALES, CONTROLE DES DECISIONS DU GOUVERNEMENT.                                       Par Cyprien BIRHINGINGWA Heureux d’être invité à l’atelier, Monsieur Cyprien BIRHINGINGWA, Président de la Société Civile du Sud-Kivu, a axé son exposé sur les points suivants : -         Mot sur la Société Civile du Sud-Kivu,

-         Coup de rétroprojecteur sur la gouvernance au Sud-Kivu,

-         Suggestions et voies de sortie

-         Présentation d’une analyse documentaire des lettres adressées aux autorités politiques de la province du Sud-Kivu.

Abordant ces différents points, l’orateur a insisté sur le rôle de la société civile. Pour lui, la Société Civile sert de contre-pouvoir. C’est un milieu où les communautés cherchent à modeler les actions politiques.Faisant allusion à la bonne gouvernance, il l’a définie comme une manière dont les tenants du pouvoir gèrent la cité. C’est aussi une action de diriger et de gérer les affaires de l’Etat. Elle traduit la manière dont s’exerce l’autorité de l’Etat.Par rapport à la manière dont sont gérées les affaires de l’Etat au Sud-Kivu, l’orateur a fait remarquer que les gestionnaires de la chose publique sont observés par leurs électeurs. Il en découle un constat très amer étant donné les failles suivantes : le clientélisme, la circulation incontrôlée d’armes dans la province, inefficacité de la police, inexpérience des dirigeants, la corruption, les barrières érigées partout par des militaires et autres agents de la brigade routière, les primes multipliées par 4 dans les écoles de la province, la flambée des prix sur les marchés , l’instabilité monétaire, les salaires insignifiants difficilement acquis, les bâtiments constituant de dangers publics, la dépravation des mœurs, l’absence des idéaux démocratiques…constituent un blocage pour la bonne gouvernance au Sud-Kivu. Considérant la participation communautaire comme un processus dans lequel toutes les parties prenantes jouent le même rôle, l’orateur a estimé que les dirigeants politiques de la province doivent avoir une très bonne compréhension de la promotion de la participation communautaire. La participation communautaire présente quelques avantages dont les plus saillants sont les suivants : l’appropriation de l’intervention, la facilité de l’analyse de la problématique, le fait que la population accepte de supporter certains coûts sans y être forcée. Mais pour y arriver un certain nombre des préalables méritent d’être posés : la formation intellectuelle et la participation matérielle et humaine. Par  formation intellectuelle, il faut sous-entendre que le gouvernement et les partis politiques doivent organiser des séances de renforcement des capacités de la population en matière de participation communautaire. La participation matérielle et humaine quant à elle, sous-entend le fait que la population doit veiller à ses propres intérêts. Comme stratégie, la bonne gouvernance implique la responsabilité des dirigeants dans la mise en place des mécanismes pouvant favoriser le développement  individuel ou collectif. Il faut par contre noter qu’il y a mauvaise gouvernance lorsque  les citoyens ont l’impression que l’Etat le dépouille en accroissant les richesses des minorités dominantes (une armée incontrôlée, responsable de tous les problèmes que connaissent les populations, les droits de l’homme non respectés, la centralisation du pouvoir…) Pour y parvenir, il faut que la population soit concernée par la gestion de la chose publique, car on ne peut pas atteindre une bonne gouvernance lorsque les populations ne se sentent pas concernées par la gouvernance. ECHANGE ET DEBAT AUTOUR DE L’EXPOSE Orientées dans la logique de l’exposé, les interventions ont tourné autour des préoccupations suivantes :   Q1.Par rapport aux estimations de la banque mondiale, ne serait-il pas mieux de créer une composante de lutte contre le tribalisme, car cet élément constitue un grand frein pour la mise en pratique de la bonne gouvernance au Sud-Kivu.Q2. Faisant allusion aux réunions hebdomadaires de la société civile, vous avez dit que vous suivez le gouvernement provincial. Quels sont les mécanismes que vous avez pour suivre le gouvernement ?Q3. Parmi les réalisations de la Société Civile du Sud-Kivu, lesquelles ont contribué à la bonne gouvernance au Sud-Kivu ?Q4. Conformément aux différentes ailes de la Société Civile que nous constatons aujourd’hui, y a-t-il un recadrage de parler au nom de la population parce qu’il est des gens qui parlent sans avoir le mandat du peuple ?Q5. Pourquoi avez-vous préféré étaler le passif des institutions provinciales actuelles ? Quels sont les aspects positifs ?Q6. La Société Civile est-elle encore sur la ligne ou elle a déraillé quelque part ? On se demande si la Société Civile est un tremplin pour sauter à l’exécutif.Q7. Qu’en est-il de la bonne gouvernance au  sein de la Société Civile et ses composantes ? Q8. Quelle leçon de bonne gouvernance, une Société qui ne veut pas d’alternance au pouvoir peut-elle donner à un pouvoir politique ? Remerciant les intervenants pour leurs questions, l’orateur a répondu dans l’ordre suivant :R1. Toutes les composantes n’ont pas été évoquées, car on peut même ajouter à cela une Société Civile proactive. Le constat fait est vrai, car il y a un certain nombre des dirigeants qui ne sanctionnent pas certaines fautes parce que commises par des agents de leur obédience ou de leur tribu. Cela constitue un frein à la bonne gouvernance dans la province.R2. Les réunions hebdomadaires évaluent comment le contexte affecte la vie de la population. Il ne s’agit donc pas de suivre la vie du gouvernement, mais il faut avoir une synergie qui permette de contribuer à l’amélioration de la vie de la population.R3. Nous sommes une Société Civile très en avance, car nous nous prononçons sur les événements socio-politiques qui surviennent en province. Comme preuves, nous avons fait plus de 15 déclarations y relatives. Elles sont une grande contribution dans la mesure où elles sont adressées à l’autorité politique. Entre autres propositions faites par la Société Civile, il faut retenir le profil du gouverneur qui doit diriger la Province du Sud-Kivu, une déclaration en rapport avec l’exercice budgétaire afin de voir de quelle manière il répondrait aux préoccupations de la population. Tout cela sans ignorer les apports d’autres composantes en faveur de la promotion de la bonne gouvernance au Sud-Kivu.R4. La Société Civile est une voix des sans voix. Il y a seulement incompréhension du rôle de la Société Civile. C’est un outil et non un agitateur. Le gouvernement provincial et l’Assemblée provincial devaient compter sur cet outil, car il y a lieu de se compléter.R5. Nous le faisons pour que les dirigeants s’en inspirent afin d’améliorer les conditions de vie de la population. Il est donc difficile d’étaler le positif quand rien n’a changé jusque-là.R6. On ne peut pas parler du développement et de la paix dans cette province sans compter sur la Société Civile, elle est la voie par laquelle les électeurs trouvent un moyen d’expression.La Société Civile n’est pas contre le pouvoir, car elle sert de trait d’union entre la  population et les dirigeants. TRAVAUX EN CARREFOUR Répartis en deux équipes de travail établies en tenant compte de l’équilibre c’est-à-dire de la représentativité de chaque partie (Assemblée provinciale, Gouvernement provincial), les travaux en carrefour ont porté sur les questions suivantes :I.                    Analysez les causes qui peuvent compromettre les relations entre l’Assemblée provinciale et le gouvernement provincial.II.                 Proposez les pistes de solutions pour les améliorer.III.               Formulez des recommandations à adresser à chaque institution pour cette fin.Convenus sur la formulation des questions, les participants se sont mis au travail pour émettre leurs avis par rapport à l’ensemble des questions et préoccupations évoquées. DEUXIEME JOURNEE  DE L’ATELIERI.RESTITUTION DES TRAVAUX EN CARREFOUR DE LA Ière JOURNEEPremier groupe :Q1. Par rapport à cette question, le premier groupe a estimé que la suspicion mutuelle, le non respect des textes légaux, la mauvaise gestion, la non application des recommandations formulées par l’Assemblée provinciale, le manque de collaboration et de communication, la méconnaissance des tâches descriptives sont des causes qui peuvent compromettre les relations entre l’Assemblée provinciale et le gouvernement provincial du Sud-Kivu. QII. Le même groupe a estimé que la création d’un cadre de dialogue permanent, la transparence dans la gestion de la chose publique, la disponibilisation, la connaissance et l’application des textes, l’assurance de la bonne cohésion entre les communautés, le fait de sanctionner les gestionnaires, l’analyse et l’exécution des recommandations …sont de bonnes voies de sortie de la crise dans laquelle sombrent l’Assemblée provinciale et le gouvernement provincial du Sud-Kivu.QIII. Abordant la question liée aux recommandations, le premier groupe a donné les propositions suivantes :-         Que le cadre de concertation et le dialogue permanent soient instaurés entre l’Assemblée provinciale et le gouvernement provincial du Sud-Kivu-         Que le plan de la trésorerie soit mensuel et soit mis à la disposition,-         Que l’exécutif facilite les travaux de contrôle parlementaire,-         Que l’Assemblée provinciale et l’exécutif respectent les prescrits des lois et autres dispositions réglementaires,-         Que l’Assemblée provinciale et l’exécutif respectent l’équilibre géo-politique et la représentativité. Deuxième groupe :QI. : Répondant à la première question, le deuxième groupe a épinglé les aspects suivants en termes des causes qui compromettent les relations entre l’assemblée provinciale et la gouvernement provincial. Il s’agit de (du) :-         manque de collaboration-         empiètement sur les attributions de l’une ou l’autre institution-         non respect des droits et devoirs des uns et des autres-         non assimilation et application des textes réglementaires pour les deux institutions-         crise psychologique (complexe de supériorité sur le gouvernement)-         manque de courtoisie dans le langage-         prise en considération des rumeurs (mauvaise gestion de l’information de la rue)QII. : Le deuxième groupe a proposé les voies de sortie suivantes :-         respecter les droits et devoirs des uns et des autres-         identifier et privilégier les dispositions constitutionnelles favorisant le dialogue, le rapprochement et le débat autour de grands problèmes de gestion de la provinceQIII.  Le deuxième groupe a formulé quelques recommandations en ces termes :-         respecter les limites des attributions de chaque organe et cela conformément aux textes légaux-         prédisposer de la bonne foi dans les relations des membres de ces deux institutions-         faire usage d’un langage courtois les uns envers les autres (éviter l’arrogance et les intimidations)-         que l’assemblée provinciale oriente les activités du gouvernement provincial-         que l’assemblée provinciale fasse un contrôle parlementaire objectif, et cela sans préjugé-         que l’assemblée provinciale élabore des édits de nature à améliorer la gestion de la province-         que le gouvernement provincial mette en priorité les dépenses destinées aux actions sociales-         que le gouvernement provincial exécute honnêtement les recommandations de l’assemblée provinciale-         que le gouvernement provincial rende compte à la population par le biais de l’Assemblée provinciale de  la gestion de la province  Heureux des travaux abattus de part et d’autre, l’auditoire a apporté quelques ajustements résumés en ces termes : s’il y a grouille entre le législatif et l’exécutif au Sud-Kivu, c’est parce que la plupart des acteurs ne connaissent pas les rouages démocratiques. Une démocratie implique des comportements, des attitudes …On ne doit par exemple pas, demander à un conseiller d’aller effectuer un contrôle parlementaire pour qu’en fin on vienne en parler dans la rue. Il faut prévenir une telle faille. C’est pour dire qu’un Député ne plaide pas à la radio ou dans la rue. Les députés doivent être imprégnés des attitudes démocratiques, car un homme d’Etat ne doit pas se fourvoyer ni commenter l’action gouvernementale n’importe où. On constate que personne ne respecte les droits des autres, c’est l’une des causes majeures qui brouillent les relations entre l’exécutif et le législatif provincial au Sud-Kivu. Il faut noter que les textes sont là, mais ils ne suffisent pas, il faut bien travailler les attitudes. Dans ce sens, il serait bien souhaitable d’organiser un autre atelier de formation sur les comportements et les attitudes à adopter par un homme d’Etat du Sud-Kivu. TROISIEME EXPOSE : PRESENTATION SUR LA TRANSPARENCE, LA PREVISIBILITE ET LA RESPONSABILITE DU GOUVERNEMENT PROVINCIAL ET LES INSTITUTIONS PUBLIQUES.                                                     Par Bienvenu KARHAKUBWA et Eric KAJEMBA Définissant la bonne gouvernance comme la capacité des dirigeants de faire correspondre la gestion des affaires de l’Etat, les actions de l’Etat aux intérêts de la population, Monsieur Bienvenu KARHAKUBWA a insisté sur la transparence dans chaque prise de décision. Il faut travailler pour  la population, mais aussi avec la population, car lorsque l’on n’associe pas la population aux décisions prises, autant de conséquences s’en suivent. A cause de la culture de l’improvisation, beaucoup  de gens arrivent à la tête des services sans s’y être préparés.La responsabilité quant à elle amène le dirigeant à rendre compte aux populations. On est donc serviteur de la population et on doit lui rendre compte de la manière dont la chose publique est gérée. A cet effet, les députés devront favoriser cela en votant des lois pouvant contribuer à la promotion de la bonne gouvernance au Sud-Kivu.Bref, une bonne promotion de la bonne gouvernance au Sud-Kivu exige la mise en application de ces termes de référence : la transparence, la prévisibilité et la responsabilité. Dans son témoignage, Monsieur Eric KAJEMBA, s’est plus basé sur une sorte de recherche-action. Il a insisté sur le comportement que l’on doit afficher lorsque l’on veut occuper un poste de responsabilité, car le grand problème connu est celui lié au manque de modèle.Bref, il faut favoriser des modèles positifs en recourant au contrôle social. Il importe de noter à cet effet que la transparence implique le contrôle, mais il ne s’agira pas d’un contrôle trop policier comme c’est le cas au Sud-Kivu. Les dirigeants devaient comprendre qu’ils sont comptables de la population. Et que donc, ils doivent éviter de dire que les questions liées aux finances sont des secrets d’Etat et qu’ils ne doivent pas y répondre, car ce sont des cas pareils qui alimentent la rumeur au niveau de la province. ECHANGE ET DEBAT Quelques débats et échanges ont étoffé les deux interventions. Certaines interventions ont estimé qu’il ne faut pas limiter les paramètres de la bonne gouvernance à la prévisibilité, la transparence et à la responsabilité, car cela ne peut être faisable que si on a la compétence c’est-à-dire le savoir faire. A Bukavu, nous devrions donc avoir un groupe de réflexion qui réfléchirait sur ce que la Kivu doit devenir dans trente ans. C’est grâce à cela que nous saurons gérer la province sinon, on ne fera que subir les événements parce que l’on n’aura pas contribué à leur réalisation. Bref, il faut investir dans la formation des grandes intelligences à l’exemple de l’Inde qui exporte les intelligences au lieu d’exporter l’or, le diamant…Pour clôturer cette étape certains députés provinciaux et quelques membres du gouvernement provincial ont estimé qu’ils étaient des séminaires que les ONG organisent en leur faveur, car selon eux, on leur dit la même chose qui ne leur profite à rien. Réagissant à cette préoccupation, les intervenants du jour n’ont pas manqué d’exprimer leur inquiétude en ce sens que l’éducation est un processus et donc on ne peut pas se fatiguer d’apprendre. C’est à l’issue de ces échanges que l’auditoire a formulé et adopté les résolutions pour permettre aux deux institutions de passer l’éponge sur les différends qui bloquent la promotion de la bonne gouvernance au Sud-Kivu. RESOLUTIONS  Il faut rappeler que ces résolutions sont une synthèse des recommandations faites par les deux équipes de travaux en carrefour. Il d’agit de : 

  1. Créer un cadre de concertation et de dialogue permanent entre l’Assemblée provinciale et le gouvernement provincial,
  2. Que chaque institution exerce ses prérogatives conformément aux prescrits de la loi et disposition réglementaire,
  3. Que l’exécutif soit disponible et prêt à recevoir le contrôle parlementaire,
  4. Privilégier la compétence et le savoir être dans la désignation des hauts cadres provinciaux tout en tenant compte de la représentativité,
  5. Veiller à l’affectation et à la gestion rationnelles des ressources pour la réalisation des activités,
  6. Sanctionner de manière objective pour promouvoir l’émulation et décourager toute forme de dérapage,
  7. Améliorer les mécanismes de communication entre le gouvernement provincial et l’Assemblée provinciale,
  8. Rendre compte de son action de manière permanente à la population,
  9. Créer des cadres de formation des grandes intelligences capables de réfléchir sur le devenir de la province et de la Nation,
  10. Elaborer des plans d’action à court, moyen et long terme pour une gestion proactive de la province,
  11. Appliquer le code de bonne conduite de l’Agent public de l’Etat.

     Convenus sur ces résolutions, les deux parties ont émis le voeu de voir imprimer et afficher ces résolutions au Bureau de chaque député provincial et de chaque membre du gouvernement provincial pour un bon suivi de leur application. LES CEREMONIES DE CLOTURE DE L’ATELIER Débutées à 13h51’, les cérémonies de clôture de l’atelier sur la promotion de la bonne gouvernance au Sud-Kivu, ont connu la participation des personnalités suivantes :  1.      Présentation des résolutions par un participant Satisfait des travaux de l’atelier, l’Honorable MUGISHO KAZA, a, au nom de tous les participants, présenté avec vivacité et intérêt les résolutions de l’atelier. Il en a profité pour rappeler que c’est en fonction des objectifs de l’atelier que ces résolutions ont été prises.  2.      Allocution du Chef de Bureau de la MONUC Après avoir félicité les participants pour leur apport, le Chef de Bureau de la MONUC-BUKAVU, Monsieur ALIOU SENE a traduit toute la gratitude de la MONUC envers son partenaire, l’ONG CEPOST pour avoir conduit dans toute activité pédagogique l’aboutissement de l’atelier de formation sur la promotion de la bonne gouvernance au Sud-Kivu. Il a souhaité que les résolutions prises à l’issue de l’atelier soient mises en application pour la promotion d’une bonne gouvernance au Sud-Kivu.  

  1. Allocution de clôture par Son Excellence Monsieur le Gouverneur de Province du Sud-Kivu.

Après avoir rappelé les différents thèmes de l’atelier de formation, Son Excellence Monsieur le Gouverneur du Sud-Kivu, Louis Léonce MUDERHWA CIRIMWAMI, a remercié le CEPOST et la MONUC pour le choix de la thématique, pour le cadre, pour la logistique … afin de faciliter l’exécution des travaux de cet atelier. Il s’est réjoui de voir que du choc des idées a jailli la lumière avec l’espoir que les débats ne se limiteront pas au niveau de l’enclos de la MONUC. L’idéal aurait été que les différentes sessions plénières de l’Assemblée provinciale du Sud-Kivu puissent se transformer en des séminaires du même genre. Convenu qu’il fera tout pour que les résolutions de cet atelier ne soient pas une lettre morte, il s’est engagé à s’impliquer dans leur mise en application. C’est sur cette note que le Gouverneur de Province a déclaré clos les travaux de l’Atelier de formation sur la promotion de la bonne gouvernance  au Sud-Kivu.                                                                                     Fait à Bukavu, le 30 janvier 2009  Lu et approuvé par :                                                   Section Politique de la MONUC-BUKAVU             Samuel MATABISHI NAMASHUNJU   Fabien MWEZE BUCOPI                                           SECRETAIRE-RAPPORTEUR SECRETAIRE GENERAL DU CEPOST-BUKAVU   

  

     

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